{"id":685,"date":"2023-12-08T16:09:00","date_gmt":"2023-12-08T15:09:00","guid":{"rendered":"https:\/\/ateliercontrepoint.fr\/?p=685"},"modified":"2026-02-21T10:00:58","modified_gmt":"2026-02-21T09:00:58","slug":"shu-lin-entre-traits-et-couleurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ateliercontrepoint.fr\/index.php\/2023\/12\/08\/shu-lin-entre-traits-et-couleurs\/","title":{"rendered":"Shu Lin\u00a0: entre traits et couleurs"},"content":{"rendered":"\n<p>Shu Lin Chen est n\u00e9e \u00e0 Taiwan en 1967. Elle termine ses \u00e9tudes \u00e0 l\u2019institut des Arts de Ta\u00efpei en 1992 et d\u00e9cide de se rendre \u00e0 Paris deux ans plus tard. D\u00e8s 1995, elle rejoint l\u2019Atelier Contrepoint, digne successeur du c\u00e9l\u00e8bre Atelier 17 de Stanley William Hayter (1901-1988), l\u2019un des graveurs les plus talentueux et influents du 20\u00e8me si\u00e8cle. Dans cet atelier, elle travaille aux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019artiste argentin et ancien proche collaborateur de Hayter, Hector Saunier. Elle y apprend le maniement des outils et grave quotidiennement des plaques de cuivre \u00e0 l\u2019aide du burin et de l\u2019\u00e9barboir. Elle progresse rapidement et acc\u00e8de vite au rang d\u2019assistante, en charge d\u2019apprendre aux jeunes artistes venus du monde entier \u00e0 r\u00e9aliser leur premi\u00e8re plaque et \u00e0 l\u2019imprimer.A c\u00f4t\u00e9 de cette mission essentielle de p\u00e9dagogie exp\u00e9rimentale plus que d\u2019enseignement, Shu Lin entreprend la cr\u00e9ation d\u2019une \u0153uvre personnelle diverse et vari\u00e9e.Si l\u2019influence technique et philosophique de Hayter est pr\u00e9sente dans son travail, elle a su s\u2019en affranchir et la d\u00e9passer pour cr\u00e9er une \u0153uvre personnelle diverse et vari\u00e9e. De ce g\u00e9nie du trait que fut Hayter, Shu Lin dit \u00e0 bon escient : \u00ab&nbsp; Il superpose un certain nombre de lignes comme pour une partition musicale. Les lignes et les couleurs sont juxtapos\u00e9es, assorties, et les traces color\u00e9es. Ainsi ses harmonies se composent musicalement.&nbsp;\u00bbC\u2019est pourquoi, les plaques de Shu Lin sont le lieu de vagabondage de lignes virevoltantes qui se croisent et se d\u00e9croisent avec toute cette libert\u00e9 que conf\u00e8re le trait automatique \u00e0 la cr\u00e9ation. Je ne peux m\u2019emp\u00eacher de regarder avec plaisir ce jeu spatial dans Dragonfly ou dans Les Parfums de la Terre.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"478\" height=\"596\" src=\"https:\/\/ateliercontrepoint.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/image.png\" alt=\"Les Parfums de la Terre\" class=\"wp-image-753\" style=\"width:374px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/ateliercontrepoint.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/image.png 478w, https:\/\/ateliercontrepoint.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/image-241x300.png 241w\" sizes=\"auto, (max-width: 478px) 100vw, 478px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Le dynamisme de la gravure de Shu Lin s\u2019appuie sur une qualit\u00e9 affirm\u00e9e de coloriste. En aplats juxtapos\u00e9s ou en chevauchements subtils, les couleurs franches s\u2019allient et se mettent mutuellement en valeur, par exemple dans la gravure \u00c0 l\u2019Heure Juste qui me ram\u00e8ne aux derni\u00e8res cr\u00e9ations de Hayter avant qu\u2019il nous quitte en 1988.<br>Shu Lin appr\u00e9cie particuli\u00e8rement les bleus et les jaunes. Et quand les deux sont au rendez-vous, nous nous retrouvons en un \u00c9clair dans la Banquise. L\u2019accord des deux couleurs est subtil, aucun ne domine et l\u2019harmonie est totale.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"482\" height=\"647\" src=\"https:\/\/ateliercontrepoint.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/image-1.png\" alt=\"Banquise\" class=\"wp-image-754\" style=\"width:272px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/ateliercontrepoint.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/image-1.png 482w, https:\/\/ateliercontrepoint.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/image-1-223x300.png 223w\" sizes=\"auto, (max-width: 482px) 100vw, 482px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Si le trait inspire l\u2019artiste, elle le d\u00e9cline sur les th\u00e8mes du temps, de l\u2019espace et de la nature qu\u2019elle d\u00e9veloppe avec une po\u00e9sie qui fait totalement partie de sa culture. Les titres ne manquent pas de nous rappeler notre environnement spatio-temporel quotidien&nbsp;: Apr\u00e8s la Pluie, Astres, Nocturne, Lunaire \u2026 Je voudrais citer particuli\u00e8rement La Ros\u00e9e o\u00f9 le classicisme des fleurs est trait\u00e9 avec une po\u00e9sie de couleurs douces tandis que le trait automatique discret mais bien pr\u00e9sent apporte sans heurt une touche de modernisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Il arrive aussi que Shu Lin aborde la mythologie, peut-\u00eatre en hommage \u00e0 Hayter et \u00e0 ses th\u00e8mes mythologiques pendant sa p\u00e9riode surr\u00e9aliste des ann\u00e9es 1930 o\u00f9 il appartenait au groupe d\u2019Andr\u00e9 Breton. Icare en fait partie dans une explosion expressionniste exceptionnelle de par ses \u00e9clats de rouge puissant.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"409\" height=\"537\" src=\"https:\/\/ateliercontrepoint.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/image-3.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-757\" style=\"width:283px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/ateliercontrepoint.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/image-3.png 409w, https:\/\/ateliercontrepoint.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/image-3-228x300.png 228w\" sizes=\"auto, (max-width: 409px) 100vw, 409px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Ou bien encore, l\u2019artiste s\u2019aventure dans la fable, et Sinbad le Marin trace ses voies maritimes dans une mer d\u2019un bleu pur et vivifiant.<br>Pour conclure, quoi de mieux que de citer le po\u00e8te Robert Marteau (1925-2011) quand il \u00e9voque sa cons\u0153ur Shu Lin&nbsp;:<br>\u00ab&nbsp;Me revient le chant d&rsquo;un oiseau dans la montagne. Est-ce une fl\u00fbte? Est-ce du feu qui flambe? Le soleil se l\u00e8ve toujours \u00e0 l&rsquo;est en quelque lieu que nous soyons. Shu Lin Chen tire ses encres de couleurs des eaux et des flammes que lui r\u00e9v\u00e8le sa m\u00e9moire au fur et \u00e0 mesure qu&rsquo;elle se fortifie en cet apprentissage sans fin qu&rsquo;exige tout m\u00e9tier &#8211; m\u00eame celui qu&rsquo;anime la po\u00e9sie, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit de faire appara\u00eetre ce qui n&rsquo;avait pas eu jusque-l\u00e0 de lieu.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Pierre-Fran\u00e7ois Albert<br>Remerciements \u00e0 la Galerie Champetier pour ses notes biographiques qui m\u2019ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s utiles.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Shu Lin Chen est n\u00e9e \u00e0 Taiwan en 1967. 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